aquitaine

Les trois enfants et le Tartare

 

Il y a bien longtemps au bord des Pyrénées vivaient une brave famille de paysans qui avait comme seule richesse, le bonheur d'avoir trois beaux enfants. Hors, la maladie emporta bientôt le père et la mère et les trois enfants désormais orphelins, ne savaient comment s'y prendre pour trouver de l'argent pour vivre. Le plus petit des trois qui était aussi le plus malin, persuada ses frères de chercher fortune ailleurs. Les voilà partis, nos trois vaillants bonhommes, au travers des forêts et des montagnes… Mais la journée fut vide de rencontres, nulle maison, ni fermette ne se dressa devant eux. Le cadet monta sur un arbre pour voir au loin et aperçut alors un grand et fort château qui se dressait, majestueux, à quelques lieues de là où ils se trouvaient.

Vite, les gamins se dirigèrent vers le château où ils frappèrent avec leurs dernières forces l'impressionnante porte. Une servante vint leur ouvrir et ils lui demandèrent de quoi se reposer un peu et de quoi se nourrir. Prise de pitié pour les trois malheureux, la servante les conduits en cuisine où elle leur donna à boire et à manger. Ensuite elle les invita à se cacher au fond d'une barrique car elle avait entendu son maître rentrer de loin. Hors c'était le château du terrible Tartare, ennemi des chrétiens, et qui n'hésitait pas à dévorer ceux qu'il croisait sur sa route.

 

Le maître aussitôt rentré se mit à flairer l'air et se tourna, avec une horrible grimace sur sa servante. " Me cacherais-tu quelque chrétien en ma demeure ? Parle, misérable ou je te tue sur le champ ! ". A ces mots la pauvre femme trembla et désigna la barrique d'un doigt tremblant. Le Tartare trouva les enfants, grelottant de peur, et ordonna à la servante de leur servir à nouveau à manger et de les conduire dans une des chambres du château.

 

Tout en mangeant, les enfants gardaient un œil inquiet sur leur hôte et c'est ainsi qu'il le virent occuper à ranger de nombreuses pièces d'or dans une grande armoire. Sûrement l'or dérobé à ses victimes, pensèrent-ils… Dès qu'il eurent manger bien plus qu'il ne leur fallait, les trois enfants montèrent se coucher. En revenant, la servante aperçut son maître occupé à préparer une immense marmite d'eau bouillante dans laquelle il jeté une grosse quantité de légumes. Ensuite, il se mit à aiguiser finement son grand couteau. Il demanda à la servante de surveiller la chambre des enfants et quand ceux-ci seraient endormis de l'avertir aussitôt.

 

 

 

Mais la servante désobéit à son maître et alla avertir les enfants du danger qui les guettaient. Le cadet eu l'idée de se servir des draps pour fuir par la fenêtre et ils s'éloignèrent en courant du château. Pendant ce temps, le Tartare monta doucement les escaliers et pénétra dans la chambre. Il se tint un moment au-dessus du lit et donna dans l'obscurité plusieurs coups de couteau, pensant tuer les trois malheureux enfants.

Quelle ne fut pas sa surprise, le lendemain matin, de voir qu'il n'avait qu'éventré matelas et coussins ! Furieux, il se retourna sur la servante qui, une fois de plus, ne sut résister aux regard mauvais de l'homme. Elle lui avoua donc que les trois enfants s'étaient enfouis par la fenêtre depuis plusieurs heures.


Mais le tartare possédait des bottes magiques qui lui permettait de rattraper n'importe quel retard. Il les enfila et se mit à la chasse des enfants. Ceux-ci le virent arriver de loin et eurent juste le temps de se cacher dans un buisson avant que leeur poursuivant n'arrive à l'endroit où ils étaient. Un peu essoufflé, le tartare trouva l'endroit charmant et se dit qu'il méritait bien une petite sieste avant de rattraper ses proies. Il se coucha sur l'herbe et s'endormit. Alors, les enfants lui retirèrent délicatement les bottes et se dirigèrent à nouveau vers le château. Ils racontèrent à la servante que le Tartare avait égaré ses bottes et que les enfants les avaient retrouvées. Cela méritait une récompense, non ? La servante sachant son maître très attaché à ses bottes magiques et ne pensant pas une seule seconde que ces trois petits chérubins auraient pu les lui voler, cru à leur histoire. Pour les remercier au nom de son maître, la femme leur donner une belle quantité d'or qui suffirait à les faire vivre jusqu'à la fin de leurs vies.


Lorsque le Tartare, épuisé, s'en revint au château il ne peut réprimer un terrible cri de colère quant il appris qu'il avait été joué par trois petits enfants !