france legende arthurienne

sont nom signifie en vieux gaulois ours.il aurai eu une carrure colossale et une poigne de fer.il était une force de la nature, un guerrier invincible(un jour  il aurai a lui seul tuer 700 homme)on lui donna une carrure légendaire par son cheval, son navire, son armure,sont bouclier avec a l'ariere la vierge de graver dessus et sa fameuse épée "EXCALIBUR"soit dit magique.

 

 

L'entourage du Roi Arthur

 Guenièvre : épouse d'Arthur, amante de Lancelot du Lac
 Merlin : magicien ayant porté Arthur sur le trône de Bretagne
 Mordred : fils incestueux d'Arthur à qui il ôtera la vie
 Morgane : magicienne et sœur d'Arthur, dont elle convoite la place
 Morgause : sœur d'Arthur et Morgane, tout aussi maléfique
 Uther Pendragon : père d'Arthur, roi légendaire de Bretagne
 Viviane : dite La Dame du Lac, c'est elle qui offre Excalibur à Arthur
 Ygraine ou Ygerne : mère d'Arthur, épouse du duc de Cornouailles

 

Les chevaliers de la Table ronde

 Accolon (Accolon de Gaule)
 Agravain
 Arthur (Arthus, Arthur Pendragon, Sanglier de Cornouailles)
 Bedivere (Bedwyr)
 Bohort (Bohort l'Essillié, Bors)
 Calogrenant
 Caradoc (Briefbras, Karadoc)
 Gaheris (Guerrehet)
 Galahad (Galahad le Preux, Galaad)
 Galehaut
 Gareth (Gareth le France, Gaheriet)
 Gauvain (Faucon, Gawain)
 Geraint (Érec)
 Girflet (Jauffré)
 Hector (Hector des Mares)
 Hunbaut
 Keu (Kay, Key)
 Lamorak (Lamorak de Gulis)
 Lancelot (Lancelot du Lac)
 Leodegrans (Léodagan)
 Lionel
 Méléagant
 Mordred (Mordret, Medrawt)
 Pellinore
 Perceval (Perceval le Gallois, Peredur)
 Sagramor (Sagramor le Desrée, Sagremor)
 Tristan (Tristan de Lyonesse, Tristam)
 Yvain (Owain, le chevalier au lion)

 

 

La Légende arthurienne est un ensemble de textes écrits au Moyen Âge autour de la quête du Graal du roi Arthur. Elle est un thème fort de la matière de Bretagne.Il existe cependant une unité de lieu : le royaume mythique de Bretagne (Angleterre, Pays de Galles et Bretagne continentale), et une approximation de l'époque : le VIe siècle, soit après la chute de l'empire romain d'Occident, à l'époque des grandes invasions. Il ne s'agit donc pas de personnages médiévaux, même si leur popularité en France a été portée par des écrivains du Moyen Âge. La matière de Bretagne ne présente pas l'unité de composition qui caractérise l'Iliade ou l'Odyssée par exemple.

Le cycle littéraire de la légende arthurienne est le plus connu des cycles de la matière de Bretagne. Il doit son succès à son statut de double récit, approché par de très nombreux auteurs depuis le XIIIe siècle. D'un côté Camelot, utopie chevaleresque, défaite par les conflits entre Arthur, Lancelot et Mordred, entre autres. De l'autre la fabuleuse quête du Graal, entreprise par de nombreux chevaliers, échouée par beaucoup (comme Lancelot), réussie par d'autres (son fils Galahad, notamment aidé de Perceval).

Le roi Arthur et le Graal

Le roi Arthur et sa vision du Graal
 

Il est, depuis quelques siècles, centré sur des thèmes chrétiens, tels que la destruction de la vertu et de la morale par des hommes pleins de défauts, ou la recherche de la relique suprême, le saint Calice. Les relations amoureuses, telles que celle de Lancelot et Guenièvre, ou Tristan et Iseult sont les prémices de l'amour courtois, aujourd'hui bien connu des auteurs contemporains, comme l'incontournable Roméo et Juliette de William Shakespeare. Plus récemment, la tendance aura été de lier les légendes de la Table ronde à la mythologie celtique, surtout depuis le début du XXe siècle.

 

Le nom même de Merlin n’a pas d’origine clairement définie. Certains le situent à l’époque des druides celtiques. Ce que l’on sait, c’est que les noms « Merddin », « Myrddin », puis ensuite « Merlinus » ou encore « Merilun » furent utilisés successivement pour décrire un seul et même personnage.

Le nom de « Merlin » sera adopté plus tard, sans doute aux environs du XIIe siècle. La légende de Merlin l’Enchanteur (ou « L’Homme des bois ») est très complexe, mais en fait, on ne sait pas si ce personnage a vraiment existé, les sources manuscrites de l’époque ayant disparu.

La plupart des ouvrages qui parlent de Merlin, évoquent aussi Arthur et les chevaliers de la Table Ronde. Or, ces textes datent du XIIe au XVIe siècle, alors que des récits remontent à bien plus longtemps. Il apparaît qu’un certain Merlinus Ambroisius aurait réellement existé, de descendance royale. L’influence chrétienne au Moyen Âge aurait transformé les écrits de départ en légende : la mère de Merlin ayant enfanté d’un antéchrist aux grands pouvoirs. De plus, certaines femmes deviennent des sorcières s’en prenant aux hommes, même à Merlin.

Merlin l'enchanteur (gravure)
Merlin l'Enchanteur récitant un poème 

Bref, sa description varie au fil des époques jusqu’à ce qu’il devienne le Merlin que l’on connaît à travers les contes et les dessins animés : enchanteur, prophète, hommes des bois, maître des animaux, sage, un magicien pur et proche de la nature. Alors, finalement, peu importe qu’il ait existé ou pas : Merlin l’Enchanteur signifie la bonté et le rêve, l’humanité et la nature… C’est sans doute pour cela qu’il nous captive.

 

Merlin, dans la geste arthurienne

Son rôle dans le cycle arthurien est d’aider à l’accomplissement du destin du royaume de Bretagne (royaume mythique regroupant l’actuelle Angleterre, le Pays de Galles et la Bretagne continentale). Grâce à une sagesse légendaire, il devient l’ami et le conseiller du roi Uther Pendragon. À la mort de celui-ci, il organise le défi de l’épée Excalibur qui permet à Arthur, fils illégitime d’Uther, de succéder à son père. Puis il incite Arthur à instituer la Table Ronde afin que les chevaliers qui la constituent puissent se lancer dans des missions relevant du mythe, notamment la fameuse quête du Graal. À la fin de sa vie et malgré toutes ses connaissances, Merlin ne pourra rien contre la destinée du royaume de Bretagne et la fin tragique du roi Arthur.

La légende de Merlin n’est pas à l’origine intégrée dans le cycle arthurien. Le personnage sera en quelque sorte « christianisé » par la suite pour pouvoir y figurer, mais on peut y reconnaître l’archétype du druide : proximité avec la nature, pouvoirs magiques, connaissance surnaturelle, sagesse, longue vie, rôle de guide et de conseiller des puissants. Dans un monde chrétien alors en plein essor, il représentait ce qui restait de la tradition ancienne : le monde druidique moribond.

 

La fin de Merlin

Devin et magicien, Merlin tomba, selon la légende, éperdument amoureux de la fée Viviane, à qui il confia le secret pour se lier un homme à jamais. La fée Viviane entreprit donc de réaliser cette magie, traçant les “neuf cercles” autour de Merlin endormi. La magie étant puissante, Merlin fut enfermé pour l’éternité dans sa geôle, au grand regret de la fée Viviane qui ne croyait pas que la chose fut possible. On dit aussi que même maintenant, il est encore enfermé. Ainsi, dans la forêt de Brocéliande, sur une stèle est écrit : “ici a été enfermé Merlin l’enchanteur par la fée Vivianne”.

 

 

- LA FONTAINE DE BARENTON -

Carrefour aux innombrables légendes la fontaine de Barenton dans la forêt de Brocéliande est connue pour ses pouvoirs surnaturels. Tantôt guérisseuse et tantôt capable de provoquer des catastrophes, on raconte que, qui verse de l'eau sur le perron provoque un formidable orage sur la région. Attirant très longtemps les druides elle est aussi le lieu de la rencontre entre Merlin l'enchanteur et la fée Viviane.

Un soir qu’Owein, chevalier d’Arthur, devisait avec Kynon, celui-ci lui raconta que s’étant rendu à la fontaine afin de vérifier les prodiges qui lui avaient été contés, il en arrosa la dalle. Aussitôt un immense coup de tonnerre éclata accompagné d’une averse de grêle. Puis un chevalier noir l’attaqua, et emmena son cheval. Owein décida aussitôt de découvrir cet endroit. Il chevaucha jurqu’à une clairière où un géant noir, entouré d’animaux, lui indiqua la route. Il arriva à un arbre vert et vit la fontaine et la dalle.

Il versa de l’eau sur la dalle et le terrible orage éclata, plus violant encore que ce que Kynon avait décrit, puis le soleil brilla et les oiseaux chantèrent. Alors qu’il prenait plaisir a écouter ces chants, il entendit des gémissements et vit le chevalier noir. Ils se chargèrent furieusement et brisèrent leurs deux lances, ils tirèrent leurs épée et Owein blessa mortellement le chevalier.

Merlin l'enchanteur (gravure)
La légendaire fontaine de Barenton 

Celui-ci s’enfuit et Owein le poursuivit jusqu’à l’entrée d’un chateau où Owein tenta de pénétrer derrière lui, mais les gens du chateau laissèrent tomber la herse sur lui. Puis ils fermèrent la porte intérieure, le prenant au piège entre la herse et la porte. Il apperçut alors une ravissante demoiselle aux cheveux blond qui s’émut de son sort. Elle lui remit un anneau qui avait la propriété de rendre invisible à volonté. Quand les hommes d’arme vinrent le chercher, ils ne le virent pas courir pour retrouver la jeune fille.

C’est alors qu’ils entendirent de grands cris, Lunet lui raconta qu’on venait de donner l’extrème onction au maître du chateau, son corps fut porté en terre le lendemain et se mettant à la fenêtre, Owein vit la foule suivre le cercueil, et dans cette foule une très jolie jeune femme en habits de deuil jaunes.

Lunet lui expliqua qu’elle était la plus belle, la plus généreuse, la plus noble et la plus sage des femmes, et qu’elle était l’épouse du chevalier, la Dame de la Fontaine. Owein tomba immédiatement amoureux d’elle.

Lunet tenta alors de raisonner la Dame inconsolable en lui expliquant que pour garder la fontaine, il lui fallait un époux, vaillant chevalier pour la défendre. Elle lui proposa donc de se rendre pour elle à la cour d’Arthur. Elle se contenta de rester enfermée dans sa chambre, puis retourna vers la Dame et lui présenta Owein. Mais la Dame ne fut pas dupe, elle compris qu’Owein n’avait pas fait ce long voyage, qu’il était caché au chateau et qu’il était celui qui avait tué son époux.

Elle épousa tout de même Owein qui, depuis lors, garda la fontaine avec la lance et l’épée. Tout chevalier qui y venait, il le renversait.




Extrait de: La mythologie Celtique de Yann Brékilien

 

- LES TERRES PERDUES DE LYONESSE -

Il existe de nombreuses légendes sur ces villes et ces pays submergés par les vagues, mais celle concernant le pays englouti de Lyonesse est probablement la plus connue. Lyonesse, nous l'avons dit, était autrefois une région qui prolongeait le Land's End et s'enorgueillissait de ses belles cités et de ses cent-quarante clochers. Le 11 novembre 1099, une épouvantable tempête se déchaîna et la mer en maraude inonda cette contrée, noyant ses malheureux habitants et submergeant le royaume jusqu'à ce qu'on ne puisse plus en voir que les sommets de la montagne à l'ouest que l'on connaît maintenant sous le nom des îles Scilly.

 

C’était autrefois. Il y avait un roi du nom d’Arthur. Il avait combattu ses ennemis avec succès et établi sa souveraineté sur toute l’île de Bretagne. Mais il avait une femme qu’on appelait Guenièvre, et qui était d’une grande beauté. Beaucoup de guerriers qu’Arthur conduisait au combat avaient les yeux fixés sur la reine, et peu nombreux étaient ceux qui n’avaient pensé ou souhaité se faire aimer d’elle.

Parmi ceux-ci, il y avait un homme du nom de Mordred. Il était courageux et bon cavalier. Il fut longtemps l’ami d’Arthur qu’il suivait dans toutes ses expéditions. Ensemble, ils se taillèrent de beaux succès au détriment des Saxons et des Gaëls d’Irlande qui voulaient établir leur domination sur l’île. Longtemps, ils furent alliés pour engager de lointaines expéditions de l’autre côté de la mer. Mais Mordred jalousait Arthur et aurait bien voulu prendre sa place, non seulement sur le trône, mais également dans le coeur de la reine Guenièvre.

Or, il fut un temps où Arthur, à la tête de ses cavaliers, dut aller guerroyer dans des pays lointains. Avant de partir, il avait confié son royaume à son compagnon Mordred, à charge pour lui d’y faire respecter l’ordre et la justice. Mais Mordred vit là l’occasion tant de fois souhaitée.


La légendaire fontaine de Barenton 

 

Quelques jours plus tard, il fit annoncer par tous les villages que le roi Arthur avait péri dans une bataille et qu’il avait été choisi pour être son successeur. Il s’empara sans vergogne des trésors qu’Arthur avait accumulés dans la forteresse de Tintagel et manifesta son intention d’épouser la reine Guenièvre.

Cependant, Arthur avait encore ses fidèles à l’intérieur du royaume. L’un de ceux-ci passa la mer et vint le trouver pour lui rendre compte de la situation. Arthur entra dans une violente colère.

Puisqu’il en est ainsi, s’écria-t-il, je le combattrai jusqu’à la mort ! Il n’y a rien de plus odieux que de trahir son roi !

Sans perdre de temps, il fit rassembler ses troupes, les fit embarquer et aborda dans l’estuaire de la rivière Fowey. Là, il demanda des nouvelles et apprit que Mordred avait constitué une puissante armée, non seulement avec ses propres partisans, mais encore des Pictes, ennemis acharnés d’Arthur qu’il avait souvent vaincus, et des Irlandais à qui l’usurpateur avait promis des terres et des richesses. De toute évidence, Mordred était bien décidé à s’opposer à Arthur et à lui interdire l’accès de son propre domaine. Les deux armées se recentrèrent quelque part du côté de la rivière Camel, et ce fut un épouvantable massacre de part et d’autre. Et Arthur, entouré d’une poignée de survivants, dut s’enfuir vers l’ouest, poursuivi par de nombreux cavaliers que Mordred avait tenus en réserve et qu’il lâchait maintenant contre son ancien compagnon.

Arthur connaissait bien le pays : son intention était de se réfugier dans les montagnes de Lyonesse, en un promontoire qui s’avançait très loin dans la mer et qui était facile à défendre. Le pays de Lyonesse, avec ses nombreuses vallées, était riche en troupeaux qui pâturaient sur de magnifiques herbages. Et, au débouché des vallées, s’abritaient des ports bien fréquentés par des navires qui venaient de partout, apportant sans cesse d’abondantes marchandises et chargeant de l’or, du cuivre et de l’étain.

Ce fut donc dans cette direction que le roi vaincu entraîna ses compagnons. Mais leurs chevaux étaient épuisés et ils perdaient du temps. Derrière eux, les cavaliers de Mordred se précipitaient avec une sorte de rage, désireux d’en finir une fois pour toutes et de massacrer les survivants.

Arthur s’arrêta sur la falaise qu’on nomme Lizard et examina la situation : il se voyait perdu, car il ne doutait pas qu’il serait rejoint tôt ou tard par des ennemis attachés à sa perte. Il lui souvint alors qu’autrefois il avait eu un sage conseiller qui accomplissait des prodiges. C’était le prophète Merlin. Mais Merlin avait disparu depuis bien longtemps et nul ne savait où il se trouvait. Cependant, Arthur se mit à appeler Merlin à haute voix.

On vit bientôt apparaître un vieil homme, vêtu comme un bûcheron, dont la cagoule laissait passer d’abondantes touffes de cheveux gris. Il s’avançait vers le roi d’un pas très lent, en s’appuyant sur un bâton de coudrier.

Merlin, est-ce vraiment toi ? demanda le roi.

Oui, répondit l’homme, c’est bien moi, et je viens à ton aide, roi Arthur, comme je le suis venu souvent autrefois, car c’est la volonté de Dieu que tu sois protégé de la fureur de Mordred. Va sans crainte jusqu’au bout du pays de Lyonesse, mais uniquement sur les hauteurs. Je t’en conjure : ne reste pas dans les vallées, car il t’arriverait bien des malheurs et des désagréments. Ne pose pas de questions et obéis. Je vais faire en sorte de te sauver et de punir ceux qui ont eu l’audace de se dresser contre toi.

Arthur ordonna à sa petite troupe de se précipiter en avant. Quand il les eut vus disparaître le long des crêtes, l’homme qui avait dit être Merlin s’en alla sur le plus haut rocher qu’il put trouver et regarda l’horizon.
C’est à ce moment que Mordred arriva à la tête de ses cavaliers. Il s’arrêta un instant et cria :

- Holà ! l’homme ! as-tu vu passer Arthur et ses hommes ? Dans quelle direction sont-ils allés ?

Celui qui disait être Merlin leur indiqua le pays de Lyonesse.

- Ils se sont réfugiés dans les vallées, dit-il alors, en espérant que vous ne les découvrirez pas. Vous pouvez les surprendre si vous évitez les crêtes !

Sans plus attendre, Mordred et les siens se précipitèrent dans la direction indiquée, prenant bien soin de suivre les vallées profondes. Quand il les vit disparaître, l’homme qui se disait Merlin leva les bras vers le ciel et prononça d’étranges paroles qui se répercutèrent dans tous les échos des collines.

Aussitôt, le ciel se couvrit de nuages abondants, le vent se mit à souffler en tempête et la terre trembla. Pendant quelques instants, ce fut effroyable. On eût dit que le ciel s’effondrait et que la terre se soulevait, allant à la rencontre du ciel. Et la mer, jusque-là très calme, se déchaîna à son tour et déferla sur le pays de Lyonesse, en une tourmente qui paraissait ne devoir jamais finir.

Dans le Pays de Lyonesse, il y avait un jeune seigneur du nom de Trevelyan, qui appartenait à la riche famille des Vyvyans. Il se trouvait alors en son manoir, près de la mer, sur un petit promontoire. Au moment où la terre trembla, il entendit une voix qui ne venait de nulle part, une voix surnaturelle qui disait :

- Trevelyan ! Trevelyan ! si tu veux être sauvé, saute sur ton cheval blanc et fuis, car ce pays est condamné !

Sans réfléchir davantage, sans même mettre en doute l’avertissement qu’il venait de recevoir, Trevelyan se précipita dans l’écurie du manoir, sauta sur le magnifique cheval blanc qu’il possédait, et se mit à galoper éperdument vers les pentes des montagnes. Des tourbillons de pluie et de vent l’aveuglait, la terre s’ouvrait sous les pas de son cheval, mais celui-ci, comme aidé par un guide invisible, les franchissait sans peine. Et lorsque les vagues de la mer s’élancèrent à l’assaut des montagnes, le cheval passa au travers, hennissant plus fort encore que le tonnerre. Cela dura longtemps, longtemps, et enfin, la tempête se calma et le ciel redevint très bleu.

Épuisé, Trevelyan arrêta son cheval blanc et tourna ses regards en arrière. Il fut stupéfait : il se trouvait sur le promontoire qu’on appelle maintenant le cap Lizard, mais au-delà, à l’emplacement du beau pays de Lyonesse, si riche en cités et en verts pâturages, il n’y avait plus que la mer aux vagues écumantes, parsemée parfois de quelques petites îles qui se perdaient dans la brume.

 

 

Extrait: Contes et Légendes des pays celtes de J. Markale


 

- LA FORTERESSE DU VAL SANS RETOUR -

Non loin de Tréhorenteuc, existait autrefois un château enchanté dans lequel on pouvait entrer mais non sortir si l’on avait commis à l’égard de sa dame une quelconque infidélité d’action ou seulement de pensée. C’est Morgane qui l’avait édifié. Morgane était la soeur du roi Arthur. Plus qu’aucune autre fée, elle connaissait le secret des charmes et des enchantements. 

 


Réfugiée dans la forêt pour y vivre avec son amant Guyomard, elle fréquentait si peu les humains qu’on ne la croyait plus une femme mais une fée. Un jour, elle s’aperçoit que Guyomard lui échappe. Il lui préfère une demoiselle de grande beauté qu’il retrouve au fond d’un val bien fait pour dissimuler les amours interdites. Morgane est avertie. Elle accourt et surprend les amants dans le moment où ils se donnent “les plus tendres témoignages d’amour”. Peu s’en faut qu’elle n’en meure de douleur. Puis, revenant à elle, elle jette sur le val un enchantement dont la vertu consiste à retenir à jamais tout chevalier errant qui aurait fait à son amie la moindre infidélité.

Guyomard est le premier pris.

Seul un chaste et franc chevalier peut rompre le maléfice. (…)

Suivons Galeschin qui vient de S’y aventurer.Il arrive devant une porte trop basse et trop étroite pour un cavalier. Il descend donc, laisse son cheval, jette son glaive, pose son écu au bras gauche, brandit son épée, et, la tête baissée, s’engage dans une allée longue, étroite et assez obscure.


Le Val Sans Retour 

À l’extrémité de l’allée, il voit deux énormes dragons jeter par la gueule de grands flocons de flamme. Involontairement Galeschin fait un mouvement en arrière. Mais la honte le retient de reculer. Et, au moment où les dragons s’élancent sur lui, il avance.

Ils jettent leurs griffes sur l’écu, déchirent les mailles du haubert, pénètrent dans la chair jusqu’au sang. Le duc ne recule pas : il donne de son épée dans tous les sens. Et passe outre. Une rivière bruyante et rapide se présente alors à lui.Une planche longue étroite, instable, l’enjambe. À peine Galeschin y a-t-il posé le pied que deux chevaliers armés apparaissent sur l’autre rive pour lui défendre le passage. S’il chancelle, il se noie.

Galeschin ne recule pas. Le premier chevalier lève son glaive, le second frappe le heaume. Galeschin glisse dans l’eau. Il se croit perdu. il sent les angoisses de la mort. Mais, comme il était déjà pâmé, on le tire de l’eau avec des crocs de fer. Dans le pré, il ouvre les yeux. Un chevalier le somme de se rendre. Se dressant à genoux, Galeschin ne répond pas. D’un coup d’épée on le fait retomber.(…) Quatre sergents alors le prennent, le désarment et l’emportent dans un jardin où se trouvent d’autres chevaliers. (…) 

Le duc revient de pâmoison. Chacun le réconforte et le console du mieux qu’il peut. Galeschin apprend alors à ceux qui l’entourent qu’il est le duc de Clarence, fils du roi Tradelinam de Norgalles et compagnon de la Table Ronde. Il y a là Aiglin des Vaux, Gaheris de Caraheu, Kae dit le Beau. Ils lui apprennent comment ils se trouvent retenus dans le Val, comment le plus preux ne doit pas espérer d’en sortir, pour peu qu’il ait faussé de rien ce qu’il devait à son amie.(…) Où trouver le chevalier qui, dans le cours de ses amours, aura constamment éloigné toute oeuvre et tout désir d’inconstance? Est-il un seul fils de mère pur de toute infidélité à l’égard de son amie de coeur?

Au moment même où le duc se lamente ainsi, le plus hardi et le plus franc de tous les chevaliers arrive avec messire Yvain devant l’enceinte vaporeuse. Il laisse Yvain tenter l’épreuve. Yvain échoue.

- Par Dieu, dit Lancelot, il faut savoir aujourd’hui si les deux cents chevaliers prisonniers de Morgane retourneront jamais à la cour d’Arthur.

Et Lancelot de pénétrer à son tour dans le val. Il arrache la langue d’un dragon, étrangle l’autre. Défait les gardiens du pont. Traverse une muraille de flamrnes. Trois chevaliers porteurs de grandes haches lui interdisent un escalier. Il défait les deux premiers, le troisièrne arrache l’épée des mains s’enfuit et va se cacher dans un pavillon sous le lit où dort Morgane. Lancelot, qui le serre de près, prend à deux mains sommier et couvertures, et les renverse “ce dessus dessous”. Morgane pousse un grand cri que Lancelot reconnaît pour être celui d’une femme. il en a grand regret, mais continue la poursuite du chevalier, le joint quelques salles plusloin, le saisit d’une main et, du tranchant de son épée, lui sépare la tête des épaules, Cela fait, il retourne au pavillonet s’agenouille devant Morgane encore tout éplorée:

-Dame, dit-il, je vous offre la tête de ce félon chevalier, pour l’amende de l’outrage que je vous ai fait sans le savoir.

Ah! s’écrie Morgane, jamais amende n’effacera pareille injure! (…)

Un valet accourt et dit à Morgane:

Dame, apprenez de merveilleuses nouvelles. La couturne établie par vous est abattue; les sorties sont libres, plus de cent chevaliers les ont déjà reconnu.

En même temps paraît le chevalier Guyomard à qui le Val sans Retour avait été destiné.

-Bien soit venue, s’ écrie-t’il, la fleur de tous les preux!

Dites plutôt, mal soit-elle venue! répond Morgane. Maudite soit l’heure où tant de hardiesse lui fut donnée.

Maudit soit-il pour être venu dans ce val, et honnie soit la dame qu,il a loyalement aimée! Par la vertu de Lancelot la forteresse du val avait disparu. Grâces lui en soient rendues! Moi qui n’ai peut-être pas toujours été un chevalier sans reproche, je me suis promené dans le Val et j’en suis ressorti.

 

 

Extrait: Châteaux Fantastiques de Bretagne, rassemblés par Olivier Eudes, édition Terre de Brume